À Miary, le jardin pédagogique poursuit sa route, discret et essentiel. Il relie chaque jour les élèves à la terre, à la patience du geste, à l’observation du monde vivant. Entre les rangs de carottes, de courgettes et d’aubergines, les enfants apprennent autant avec leurs mains qu’avec leurs cahiers.
Depuis le mois d’avril, les récoltes se sont succédé : melons et citrouilles, arachides, pommes de terre, carottes… autant de fruits d’un travail mené avec soin par Jean-Claude, ancien élève de l’école Baobab, aujourd’hui Animateur pédagogique. Son rôle dépasse largement l’entretien des cultures : il fait du jardin un véritable espace d’apprentissage.
Avec les élèves, il prépare les semis, observe la germination, explique la rotation des cultures et les besoins du sol. Les enseignants s’appuient sur cette activité pour relier théorie et pratique : un exercice de mesure pour tracer les lignes de culture, une observation scientifique pour suivre la croissance d’une graine, un texte à rédiger pour décrire les étapes de la récolte. Le jardin devient ainsi un prolongement naturel de la salle de classe.
Sa présence compte beaucoup pour l’équipe. Son regard d’ancien élève, son attachement à l’école, à son action apportent une dimension exemplaire. Les enfants voient en lui quelqu’un qui a grandi ici, qui a appris ici, et qui transmet à son tour.



Parmi les cultures du moment, le pois de cap suscite la curiosité. Plante locale bien connue à Madagascar, il se distingue par sa résistance à la sécheresse. Ses gousses allongées contiennent de petites graines riches en protéines. Au-delà de sa valeur nutritive, il incarne une leçon de résilience : même sous un soleil brûlant, il continue de pousser. Sa culture offre l’occasion d’évoquer avec les enfants la biodiversité, l’adaptation des plantes au climat, et la transmission des savoirs agricoles traditionnels.



Au fil des saisons, le jardin s’affirme comme un outil pédagogique à part entière. Il invite à la responsabilité, à l’observation et à la coopération. Il relie les matières scolaires entre elles et donne du sens aux apprentissages.
Pour nous, ce jardin incarne l’esprit de Baobab : apprendre en faisant, comprendre en observant, grandir en reliant l’école et la vie.
