La matinée s’est ouverte sous un signe presque symbolique : un bus neuf attendait l’équipe. Dans un pays où chaque déplacement peut devenir une épreuve, disposer d’un véhicule fiable n’est pas un détail. C’est du temps gagné, de la fatigue épargnée pour nos bénévoles, une action facilitée.
Comme prévu, deux équipes se sont constituées.
La première s’est rendue au nouveau lycée orthodoxe, ouvert en 2024 sur la route de Miary. Cet établissement, soutenu par un diocèse australien, accueille aujourd’hui des élèves du primaire à la terminale, dans des classes de 30 à 60 élèves selon les niveaux. C’est là que sont désormais scolarisés dix anciens élèves de l’école BAOBAB, entrés en classe de sixième.
Les bénévoles ont pris le temps de rencontrer chacun d’eux, d’écouter leur parcours, d’examiner les bulletins, d’évoquer la santé, les conditions de transport, les repas du midi et les besoins du quotidien. Les résultats scolaires sont très satisfaisants : plusieurs enfants figurent parmi les meilleurs de leur classe, avec des moyennes solides qui récompensent des efforts constants.
Mais la journée a aussi rappelé qu’un parcours scolaire ne se résume jamais à des chiffres. Deux enfants auraient besoin d’un rendez-vous ophtalmologique. La question de la restauration du midi demeure importante pour certains. D’autres nécessiteront un accompagnement plus rapproché afin que des fragilités momentanées ne deviennent pas des décrochages durables. C’est tout le sens du parrainage porté par BAOBAB : non pas aider de loin, mais suivre concrètement des chemins de vie.
Un constat a particulièrement retenu l’attention : plusieurs élèves, qui s’exprimaient plus aisément en français en fin de CM2, peinent désormais à répondre simplement. Cette réalité interroge. Elle rappelle combien la maîtrise de la langue française demeure fragile. Comprendre ces difficultés, c’est déjà commencer à mieux accompagner.
Les enfants ont reçu brosses à dents, dentifrice, stylos et quelques attentions simples. Des gestes modestes, mais qui disent à chacun : nous pensons à vous, nous suivons votre route, vos efforts comptent pour nous.



La seconde équipe s’est consacrée à Miary. Des vêtements collectés en France ont été remis au dispensaire, où les Sœurs organiseront leur redistribution auprès des familles. Là encore, la solidarité prend la forme la plus juste lorsqu’elle s’appuie sur les relais locaux.
À cette occasion, des vêtements ont également été remis à Jean-Claude, responsable du jardin pédagogique. Sa joie visible en les essayant rappelait une vérité simple : la dignité passe parfois par des choses très concrètes, offertes avec respect.



La journée fut également marquée par la poursuite du travail sur la cantine scolaire. Menus hebdomadaires, approvisionnements, achats de légumes auprès des producteurs locaux, introduction des lentilles, réflexion autour des œufs : autant de décisions à prendre, d’organisations à affiner, de choix concrets qui touchent directement la santé des enfants. Dès l’aube, trois cuisinières se mobilisent chaque jour pour préparer petits-déjeuners et repas.



Les photos des élèves de CM2 ont pu être prises avant leur départ pour la cantine. Ces images serviront à préparer les dossiers des futurs filleuls, autre manière de semer aujourd’hui les solidarités de demain.
Enfin, plusieurs heures ont été consacrées aux comptes 2025 et au démarrage de 2026. Car la générosité demande aussi rigueur, méthode et transparence. La confiance des adhérents se nourrit de cette exigence silencieuse.



À Miary, ce lundi a porté la force tranquille des journées utiles. Il fut précieux. Car l’avenir d’une école se façonne souvent dans ces heures discrètes de travail partagé entre bénévoles, professionnels et associations malgaches, lorsque chacun apporte sa part à un projet commun