J7 – Madagascar en pause weekend : regards sur un pays en mouvement

Le week-end a suspendu pour un temps le rythme habituel de la mission. L’école de Miary a fermé ses portes pour la pause hebdomadaire. Les rires des enfants se sont tus jusqu’à lundi, laissant place à une respiration bienvenue pour l’équipe : repos, préparation des jours à venir, quelques achats d’artisanat local pour soutenir les savoir-faire du territoire et reconstituer le stock solidaire de l’association.

Ces temps plus calmes invitent aussi à lever les yeux au-delà de l’école, pour regarder le pays qui nous accueille. Car comprendre Madagascar, c’est aussi mieux comprendre le sens de notre engagement.

Sur le plan politique, la Grande Île traverse une période de refondation institutionnelle. Les autorités ont annoncé un calendrier visant à stabiliser les institutions d’ici fin 2027, avec plusieurs étapes : concertations nationales, réforme électorale, nouveau cadre constitutionnel puis consultations populaires. Derrière ces mots administratifs se joue une aspiration profonde : construire une gouvernance plus solide, plus légitime, plus durable.

Sur le plan économique, les réalités demeurent exigeantes, notamment ici à Tuléar. Les acteurs locaux alertent sur l’état des routes, le coût du transport maritime, les lenteurs logistiques et les hausses de charges qui fragilisent les activités commerciales. Lorsque circuler devient difficile, se nourrir, entreprendre ou scolariser ses enfants le devient aussi.

Et pourtant, partout, la vie avance. Les marchés s’animent, les familles inventent des solutions, les artisans créent, les enfants apprennent. Madagascar conjugue souvent la fragilité des structures et la force des personnes.

C’est dans cet espace, entre défis collectifs et courage quotidien, que s’inscrit modestement l’action de BAOBAB. Une école n’efface pas les difficultés d’un pays. Mais elle peut changer durablement la trajectoire de dizaines d’enfants.

Lundi, les portes de Miary se rouvriront. Et avec elles, les projets reprendront  leur marche.