Il existe, dans la vie d’une association, des jours qui rappellent pourquoi tant d’efforts furent consentis. Ce sixième jour de mission appartient à cette catégorie précieuse. Car aujourd’hui, il ne s’agissait pas seulement de visiter une école ou de suivre des projets : il s’agissait de rencontrer les enfants soutenus hier, devenus adultes aujourd’hui.
L’émotion fut vive en retrouvant d’anciens filleuls, jeunes femmes et jeunes hommes désormais engagés dans leur existence. Christine Kanto a fondé une famille et travaille avec son mari au Cash Point financé par Baobab. Son frère Gauvain exerce comme réceptionniste de nuit dans un hôtel de Tuléar depuis un an. Steve, autre frère de la fratrie, poursuit l’activité de son Cash Point, désormais installé dans un autre quartier.



D’autres chemins s’ouvrent par les études. Nelcia vient d’intégrer l’École Normale Supérieure de Tuléar en philosophie. Elle souhaite devenir professeure de lycée dans cinq ans. Son élevage de porcs à Morombe, soutenu par Baobab, continue de fonctionner grâce à l’aide de ses parents. Sa sœur Murella débute également un cursus à l’ENS en sciences de l’éducation, avec le désir de poursuivre ensuite vers la recherche.
Stanyo, frère de Christine, a choisi une voie plus artisanale et entrepreneuriale : il fabrique du rhum à Sakaraha, à plusieurs heures de route de Tuléar, puis vient le vendre deux fois par mois en ville.



Ces parcours diffèrent, mais tous disent la même chose : lorsqu’un enfant reçoit une chance durable, il peut inventer et construire sa propre route. Rien n’est magique, rien n’est automatique. Il leur en a fallu du courage, du travail, de la détermination et cette aide de Baobab arrivée au moment décisif.
Tous ont exprimé leur reconnaissance envers Baobab. Mais au fond, la gratitude circulait dans les deux sens. Voir ces jeunes adultes entrer dans la vie avec dignité constitue sans doute l’une des plus belles récompenses de l’engagement au sein de notre ONG.
À son échelle, Baobab contribue à ouvrir des chemins de vie pour ses enfants parrainés. Les rencontres du jour en furent la plus belle preuve.



Cette journée offre aussi l’occasion de saluer celle qui accompagne depuis des années tant de parcours : Christine. Née en 1969 dans les Hauts-de-Seine, mère de trois garçons, grand-mère attentive et émerveillée, Christine a mené une carrière exigeante comme ingénieure dans l’armée durant plus de trente ans. Puis, avec son mari Stéphane, ils ont ouvert un nouveau chapitre de leur vie en reprenant le domaine agricole de Puech Roques, qui produit aujourd’hui un vin bio AOP Gaillac. Médaille d’argent pour Le Prat au concours 2026 !
Elle rejoint Baobab en 2011, après un voyage à Madagascar avec Rosy et Michel, alors Président de l’association. Quelques jours avant la rentrée scolaire, Michel lui propose alors de suivre quinze enfants parrainés. Elle accepte. Depuis, elle n’a jamais cessé.
Trésorière de 2012 à 2022, elle transmet ensuite le relais à Monsieur Gilles, pour se consacrer pleinement au suivi des parrainages et au lien entre jeunes, parrains et marraines. Christine est de tous les projets de Baobab, pilier de nos missions humanitaires, auxquelles elle apporte, année après année, son savoir-faire ainsi que sa connaissance de Madagascar, de l’école et des partenaires locaux.

Chez Christine, la rigueur s’allie à la chaleur humaine. Son sérieux n’ignore jamais son sourire lumineux. Pour elle, l’organisation demeure habitée par l’attention à l’autre. Elle échange sans relâche par WhatsApp avec ces jeunes adultes qu’elle accompagne avec constance, tact et fidélité.
Christine sert Baobab par ses valeurs, ses idées, sa présence et son engagement sans faille tout au long de l’année. Même lorsqu’elle ne porte pas directement l’action en cours ou l’événement caritatif organisé, elle demeure là : elle prépare les gâteaux, sa fameuse tarte au chocolat, assure l’accueil, participe à la logistique, veille à chaque détail qui rend tout possible.
À Miary comme ailleurs, l’avenir naît des liens patients. Il grandit dans la fidélité des gestes simples, dans la constance, dans ces présences qui accompagnent et soutiennent. C’est peut-être ainsi que se construisent les plus belles aventures humaines.