À Miary, chaque pas soulève un nuage de poussière rouge. Elle s’infiltre partout : colle à la peau, imprègne les vêtements, les cheveux. Elle est la matière vivante du quotidien.
Les enfants que nous accompagnons vivent dans des huttes de terre ou des baraques de tôle, majoritairement sans eau courante ni électricité. Le sol y est nu. Ils dorment parfois à même le sol, sur une natte, partagent un seul lit pour plusieurs, se lavent sommairement — quand l’eau est disponible.
Les signes de pauvreté sont visibles, parfois brutaux. Les auréoles blanches sur les crânes témoignent de la gale. Les petites filles, assises en cercle avant la classe, s’épouillent mutuellement tout en riant et bavardant. Ce geste, que nous percevons comme une scène de misère, est pour elles un jeu, partagé avec un naturel désarmant. Beaucoup sont pieds nus, ou chaussés de simples claquettes, et pourtant tous parcourent plusieurs kilomètres pour se rendre à l’école. Nombre d’entre eux n’ont jamais vu de médecin.
Dans ce contexte, la santé n’est pas un simple enjeu : elle devient un fil ténu entre la survie et l’élan d’avenir. Durant notre mission, nous avons été frappés par l’ampleur des besoins. Derrière les chants d’enfants, les jeux et les éclats de voix, il y a aussi des dents cariées, des lunettes brisées, des « bobos » infectés laissés sans soin.
Nous avons accompagné plusieurs élèves pour des soins dentaires urgents. Hersia, Aïcha et Césardine sont reparties soulagées, avec des prescriptions, quelques conseils d’hygiène et un regard un peu plus lumineux. Le docteur Moïse, notre partenaire fidèle, assurera désormais un suivi pour les 190 élèves de l’école. Le partenariat avec la clinique ophtalmique a lui aussi été renforcé : les consultations et montures sont gratuites ; seuls les verres correcteurs restent à notre charge — à un tarif négocié avec soin.
L’accès à la santé à Madagascar reste un défi immense. Hors des grandes villes, le désert médical s’étend : un seul médecin pour 35 000 habitants en zone rurale. Les dispensaires sont rares, souvent dépourvus de médicaments, parfois sans électricité. Seuls les salariés du secteur formel bénéficient d’une couverture sociale ; ils sont minoritaires. La majorité vit sans filet, dans un présent incertain, où tomber malade revient à s’endetter… ou à renoncer aux soins.
C’est pourquoi Baobab s’engage, aux côtés de ses partenaires locaux, pour améliorer autant que possible le bien-être des enfants. Soins dentaires et ophtalmiques, distribution de protections menstruelles grâce à notre partenariat avec Bel Avenir, sensibilisation à l’hygiène : des actions concrètes, modestes mais essentielles.
Car soigner, ici, c’est dire à l’enfant : tu comptes, tu mérites de grandir en santé, d’apprendre, de rêver !








