Une visite placée sous le signe du dialogue
La venue à Paris du président malgache, Michaël Randrianirina, le 24 février dernier, est passée presque inaperçue en France. Pourtant, pour Madagascar, elle revêt une portée particulière.
Reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron, quelques jours après un déplacement à Moscou, le chef de l’État malgache a confirmé la ligne diplomatique qu’il affirme depuis son arrivée au pouvoir : une politique « pragmatique », ouverte, non alignée, cherchant à diversifier les partenariats.

Une période de transition
Les autorités ont annoncé une phase de refondation institutionnelle, avec des élections prévues en 2027. Dans ce temps de transition, Madagascar cherche à consolider ses relations internationales tout en répondant aux attentes économiques et sociales très fortes exprimées par la population.
À Paris, trois axes ont été mis en avant pour structurer la relation bilatérale :
- consolider le dialogue politique ;
- soutenir le développement économique ;
- poursuivre la coopération en matière de défense et de sécurité.
La France demeure l’un des partenaires majeurs du pays. Des projets sont en cours dans les domaines de l’assainissement, de la sécurité alimentaire ou du renforcement institutionnel. Les engagements financiers annoncés représentent plusieurs dizaines de millions d’euros, principalement sous forme de prêts.
Au-delà des chiffres, cette coopération s’inscrit dans une histoire ancienne, nourrie par des liens humains profonds : plusieurs dizaines de milliers de ressortissants malgaches vivent en France, tandis qu’une communauté française demeure présente sur la Grande Île.
Une diplomatie ouverte
La visite à Paris s’inscrit dans une dynamique plus large. La Russie, les États-Unis, les Émirats arabes unis, la Chine : tous manifestent un intérêt accru pour l’océan Indien, espace stratégique au croisement de routes commerciales et riche en ressources.
Les autorités malgaches mettent en avant la recherche de bénéfices concrets pour la population : développement agricole, infrastructures, énergie, sécurité. Pour un pays confronté à la vulnérabilité climatique, à l’insécurité alimentaire dans certaines régions et à des fragilités économiques persistantes, la mobilisation de partenaires multiples apparaît comme une voie possible.

Ce que cela signifie pour Miary
À l’échelle d’un village comme Miary, ces dynamiques diplomatiques peuvent sembler lointaines. Pourtant, elles façonnent le cadre dans lequel évoluent les écoles, les associations et les projets locaux. La stabilité institutionnelle et la continuité des coopérations constituent des conditions essentielles pour permettre aux initiatives de terrain de s’inscrire dans la durée.
Pour Baobab, l’essentiel demeure inchangé : accompagner, avec constance et humilité, l’école de Miary et ses élèves. Les équilibres internationaux dessinent l’arrière-plan ; mais c’est au quotidien — dans les salles de classe, dans le jardin pédagogique, dans l’attention portée à chaque enfant — que se construit l’avenir.
Dans un monde traversé par de profondes recompositions, l’éducation reste l’un des ancrages les plus solides. C’est à cette échelle concrète que Baobab poursuit son engagement : soutenir l’accès au savoir et à la dignité, pas à pas.



Sources : LE MONDE
Le nouveau pouvoir malgache cherche à rassurer Paris après son rapprochement avec Moscou – Publié le 23 janvier 2026
Après sa visite à Moscou, le nouveau président malgache joue l’équilibriste en se rendant à Paris – Publié le 24 février 2026
Photos :
MAMYRAEL / AFP – LUDOVIC MARIN/AFP – Nobert Gimenez/Eclat d’instants