🌍Retrouver Miary, retrouver l’école !
Levée tôt ce matin, après une nuit enfin réparatrice, notre équipe a pris la route de l’école de Miary. Dans le minibus, chacun a retrouvé sa place presque naturellement, comme si les années précédentes avaient installé un rituel, discrètement.
À l’avant, Michel, vice-président de BAOBAB et chef de mission. Derrière le chauffeur, Gilles. Puis Rosy. Et autour d’eux, cette joie discrète des retours attendus. Revenir à Madagascar, c’est retrouver la terre rouge, la poussière, la lumière vive du Sud malgache. C’est aussi retrouver une part de nous-mêmes.


La traversée de Tuléar déroule déjà son tumulte : tuk-tuks, vélos, passants, appels croisés, chaleur dense du matin. Puis l’asphalte s’efface. Commence alors la piste cabossée menant à Miary. La poussière se soulève aussitôt, fidèle compagne des missions passées.
Sur le trajet, les habitations de fortune rappellent avec force la rudesse du quotidien. Mais une autre émotion domine : l’immense soulagement d’être là. Nous avons tant espéré pouvoir revenir cette année.
En chemin, nous retrouvons Béatrice. Son sourire rayonnant suffit à dire les joies, les épreuves et les combats traversés depuis un an. Quelques secondes suspendues, aussitôt saisies en photo. Puis enfin, le portail de l’école.


Monsieur Bonne-Chance, nouveau directeur, nous accueille. Les enfants entonnent chants et danses préparés depuis plusieurs semaines. Trois élèves de CM2 procèdent à la levée du drapeau, avant que l’hymne national malgache ne s’élève d’une seule voix. Moment de grande solennité, profondément émouvant, qui dit le respect accordé à l’école, à l’éducation et à cette rencontre.
Les discours se succèdent. Celui du directeur, puis celui de Michel, saluant le plus bel accueil reçu par une mission en plus de vingt ans.
L’émotion circule partout. Les frontières s’effacent. Ne demeurent que les sourires, les regards et cette volonté partagée : offrir aux enfants les meilleures chances pour construire leur avenir.



La visite des classes commence ensuite. Chaque salle réserve un chant, un poème, une attention délicate. Vient aussi le temps des constats concrets : plusieurs intrusions ont provoqué des dégradations. L’équipe locale répare comme elle peut, renforce, protège, improvise. Les sanitaires, eux, apparaissent dans un état très préoccupant. L’urgence est réelle. Direction la cantine également, pour un premier point sur le programme alimentaire, la qualité des repas et les menus à ajuster.
De retour à Tuléar, avec autour du cou les magnifiques guirlandes de fleurs en papier offertes par les enfants, nous prolongeons la joie de les porter encore. La journée se poursuit par une première réunion de travail afin de hiérarchiser les priorités et d’ajuster le programme de mission.


Le cœur demeure habité par les chants, les rires, les visages.
Chaque retour à Miary rappelle qu’une école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage. Elle peut devenir une promesse tenue.
