Il est des rencontres qui marquent, des présences qui, par leur force douce et lumineuse, orientent une aventure collective. Sœur Pascaline est de celles-là. Depuis près de deux décennies, elle accompagne notre ONG Baobab avec une fidélité indéfectible, une intelligence du cœur et une joie communicative.
Une vie donnée à la prière et au service
Sœur Pascaline appartient à la congrégation des Orantes de l’Assomption. Fondée en 1896 à Paris par Isabelle de Clermont-Tonnerre, Comtesse d’Ursel, et par le Père François Picard, deuxième supérieur général des Augustins de l’Assomption, la congrégation se voulait dès l’origine une communauté enracinée dans la prière, la vie fraternelle et l’attention aux besoins du temps.
Née en avril 1962 au Congo, Pascaline (ainsi qu’elle nous a demandé de la nommer) a prononcé ses vœux en 1988. Quatre ans plus tard, en 1992, elle fonde la communauté des Orantes de l’Assomption à Tuléar. Là, au milieu des défis immenses liés à la pauvreté structurelle, aux sécheresses et aux inégalités, elle déploie sa vocation : prier, servir, accompagner, avec une constance qui force le respect.
Une amie et une alliée de Baobab
Le lien entre Pascaline et Baobab s’est noué en 2008, à travers la rencontre avec Balim. Dix-sept années ont passé depuis, et son rôle auprès de notre ONG fut essentiel. Elle a assuré avec rigueur et patience la gestion administrative et financière de Baobab à Madagascar. Mais plus encore, elle a guidé nos choix et nos actions avec une connaissance fine de la culture, des réalités locales, et des subtilités parfois invisibles à nos yeux.
Elle a évité bien des erreurs, désamorcé bien des embûches, et toujours dans le même esprit : respectueux, bienveillant, empreint de joie. Qui a croisé Pascaline garde en mémoire son rire chaleureux, sa capacité à accueillir chacun sans jugement, et son art de conjuguer fermeté et douceur.


Un séjour fraternel à Toulouse
Cet été, Pascaline était en France pour participer au conseil de sa congrégation, du 28 juillet au 17 août. Nous avons eu la chance de l’accueillir à Toulouse durant trois journées pleines de vie et de partages.
Mardi, ce fut notre tour de la guider dans la ville rose. Ensemble, nous avons parcouru le circuit que nous lui avions préparé : du jardin Raymond VI à la chapelle désacralisée de La Grave, de Notre-Dame de la Dalbade au marché des Carmes, de la rue Croix-Baragnon à la cathédrale Saint-Étienne, puis vers la place du Capitole et le couvent des Jacobins, où une animation retraçait l’histoire des Frères Prêcheurs. La journée s’acheva sur les bords de Garonne, devant la basilique Notre-Dame de la Daurade.
Le lendemain, la rencontre se poursuivit par la visite du sanctuaire de Notre-Dame de Garaison, haut lieu spirituel du sud-ouest. Ce moment de recueillement et d’amitié donna une profondeur particulière à ces retrouvailles.
Un dialogue fécond et fraternel
Ces presque trois jours furent plus qu’une visite : une rencontre de fond, un dialogue rare. Entre religieux et laïcs, croyants et athées, nous avons partagé un même socle de valeurs : l’humanisme, la fraternité, la bienveillance et le goût du partage. Pascaline, par sa simplicité et son écoute, a su créer l’espace d’une parole vraie.
Un départ qui n’est pas une séparation
Pascaline se prépare désormais à une nouvelle mission en Côte d’Ivoire. Elle quitte Madagascar, et avec lui une part de notre quotidien. Mais si elle s’éloigne géographiquement, elle demeure proche de nous, dans les liens d’amitié et de fraternité tissés au fil des ans. Son rire, sa sagesse et son énergie continueront longtemps de résonner dans nos cœurs.
Nous espérons que le dialogue engagé se poursuivra, peut-être à travers des lettres ou d’autres formes de correspondance. Car Pascaline nous laisse un cadeau précieux : celui d’une rencontre qui transforme, d’une amitié qui élève, et d’une fraternité qui ne connaît pas de frontières.
Merci, Sœur Pascaline !