Nous évoquons souvent, au fil de nos articles, le village de Miary, où notre école est implantée. Miary n’est pas seulement le lieu d’implantation de notre action éducative. C’est aussi le village de naissance de Rosy, l’épouse de Michel Samouillan, président fondateur de notre ONG. Un ancrage personnel, à l’origine de l’engagement de Baobab, qui donne à cette commune rurale une place singulière dans notre histoire collective.
Mais derrière ce nom devenu familier pour beaucoup d’adhérents et de sympathisants, que savons-nous réellement de ce village : son histoire, sa géographie, ses réalités quotidiennes ? Dans quel environnement social et économique s’inscrit-il ? Quelles sont les ressources, les fragilités, les forces qui façonnent ce territoire ?



Une commune rurale du sud-ouest malgache
Miary se situe dans la région d’Atsimo-Andrefana, au sud-ouest de Madagascar, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Tuléar. Administrativement, la commune dépend du district de Toliara II, dans une zone marquée par de fortes contraintes climatiques, notamment la sécheresse récurrente qui affecte l’ensemble du Grand Sud. La population de Miary est estimée à environ 12 500 habitants (chiffres de 2008), répartis en plusieurs fokontany, ces petites unités administratives qui structurent la vie communale malgache. La majorité des habitants appartiendrait à l’ethnie masikoro, traditionnellement implantée dans cette région. Toutefois, il convient de souligner que Madagascar ne dispose pas de données ethniques communales récentes et stabilisées.



Agriculture de subsistance et vulnérabilités structurelles
Comme dans de nombreuses communes rurales du sud-ouest, l’économie locale repose principalement sur l’agriculture de subsistance, l’élevage et des activités informelles dépendantes des saisons. Les ressources demeurent limitées, et les conditions de vie sont étroitement liées à l’accès à l’eau, à la qualité des récoltes et aux aléas climatiques.
Dans cette partie de Madagascar, la pauvreté rurale reste une réalité structurelle. Les difficultés d’accès aux soins, à une alimentation régulière et aux infrastructures éducatives pèsent particulièrement sur les familles les plus modestes. L’école constitue alors un enjeu majeur, souvent perçue comme l’un des rares leviers d’émancipation.



Un repère culturel dans le paysage du Sud
Miary est également connue, dans la région de Tuléar, pour un élément singulier de son paysage : un banyan géant souvent désigné comme « l’arbre sacré de Miary ». Lieu de passage et de mémoire, ce site rappelle l’importance des repères naturels et symboliques dans la culture malgache.
À proximité de notre jardin pédagogique, cet arbre impressionnant appartient pleinement à l’identité du village. Il incarne, pour beaucoup, une forme de continuité silencieuse entre la terre, les traditions et les générations. Nous aimons à penser qu’il place notre jardin sous sa protection.
C’est dans ce contexte, entre fragilités structurelles et richesses culturelles, que l’action éducative prend tout son sens.



L’école Baobab : une présence éducative durable
Dans un village où l’accès à l’éducation reste un défi quotidien, notre école représente bien plus qu’un bâtiment. Elle devient un espace de continuité, de stabilité, et une promesse concrète : celle d’un avenir plus ouvert pour les jeunes générations.
À Miary, c’est aussi un partenariat local étroit qui se construit avec les représentants de la commune et les acteurs du territoire : une action menée dans le respect des personnes, de la culture, de la réglementation en vigueur, et des réalités du terrain.


